mercredi 19 juillet 2017

Matthieu Maudet

Aujourd'hui, je voudrais vous parler d'un auteur-illustrateur jeunesse découvert il y a peu (je suis un peu à la ramasse parfois...), et qui est réellement génial ! Mesdames et messieurs, j'ai nommé... Matthieu Maudet ! Il compte à son actif de nombreux albums cartonnés, à destination des plus jeunes, et qui sont un vrai régal. Des petites histoires aux rebondissements délicieux, dont les chutes font toujours sourire. Et des illustrations aux couleurs vives, et en même temps assez tendres.

J'ai découvert cet auteur-illustrateur avec la parution, en avril, de l'album Le Piège Parfait. Il y est question d'un petit garçon à qui on donne un livre en lui disant d'aller capturer un animal. Au fil des pages, on le voit élaborer des pièges à destination de plusieurs animaux, mais ceux-ci sont tous plus malins que lui. Par dépit, il finit donc par s'asseoir et commencer à s'intéresser au livre qu'il tient entre les mains. Le piège parfait, donc, pour attirer calmement tous les animaux !


Je connaissais déjà également Les orteils n'ont pas de nom, mais sans avoir jamais fait attention aux noms inscrits sur la couverture. Ici, on part du constat posé par le titre, pour ensuite essayer de trouver un nom aux orteils. On essaie plein de choses : le système numérique, alphabétique, les couleurs, les notes... Très drôle donc ! Petite précision : ici, le scénario est de Jean Leroy, comme vous le voyez. 


Ces deux-là n'en sont pas à leur première collaboration. Il y avait également eu Le tout petit fermier. Un fermier que l'on cherche, mais on ne voit que ses animaux. Les pages se tournent, on voit des animaux de plus en petit, et l'enfant s'amuse à se demander quelle taille fera l'animal derrière lequel se cache le fermier. Pour celui-ci, j'étais moins fan, peut-être à cause de la facilité de la chute... 

Je connaissais aussi Un enfant parfait, scénarisé par Michaël Escoffier. Cet album raconte l'histoire de parents qui vont au magasin pour choisir un enfant. Ils se rendent pour cela dans un grand magasin, qui peut faire penser à nos Ikea et autre Conforama... Et les voilà qui trouvent l'enfant parfait ! Ils l'adoptent donc, et sont ravis de cet enfant qui obéit au doigt et à l'oeil, qui se couche sans faire d'histoires, qui mange de tout, qui est sage à l'école... Bref, cet enfant ne pose aucun problème ! Mais tout ne peut pas être si simple... 


Récemment, est également sorti Y a un loup. Un petit oiseau, en train de se promener, tombe nez à nez sur un loup en train de manger tranquillement un sandwich. Affolé, il s'écrit "y a un loup !", et court prévenir ses copains... qui le suivent, pour avertir à leur tour les autres. Jusqu'au moment où l'on réalise qu'ils ne font que tourner autour d'une sorte de cube. Si bien qu'on se doute qu'ils vont finir par retomber sur le loup... 


Enfin, après tout cet aperçu, je dois vous révéler quel est mon album favori parmi cette sélection... Et j'ai nommé J'y vais !. Un album aux illustrations vraiment touchantes, où un petit poussin part annoncer à tous ses proches, que c'est décidé, il y va. Chacun y va de sa recommandation, de son cadeau pour l'équiper... Cela semble donc être un grand départ ! Mais pour quelle destination ? 
Je vous laisse vous procurer l'album (en bibliothèque, ou en librairie bien sûr !) pour le savoir ;) 


vendredi 16 juin 2017

Génération K, Marine Carteron

A Noël, ma collègue du rayon jeunesse m'avait parlé de cette série de romans jeunesse : Génération K de Marine Carteron. J'ai mis du temps à me lancer, mais ça y est, je l'ai lue ! Et du coup j'ai enchaîné les deux premiers tomes (et j'attends le troisième, qui doit sortir en octobre si j'ai bien compris ^^). Quoiqu'il en soit, j'ai fait là une belle découverte, tant pour la série que pour l'auteure. Elle s'était déjà fait connaître avec une trilogie précédente : Les Autodafeurs. Par manque de temps, je n'avais pas lu cette série, mais elle m'avait déjà beaucoup tentée, et elle me tente encore plus maintenant que je connais le talent de son auteur !

Mais Génération K est bien différent des Autodafeurs. Dès le début, les choses paraissent très mystérieuses. Au premier chapitre, on suit un groupe de gens du voyage, mais on n'en apprend que très peu sur eux, si ce n'est qu'ils sont attachés à un "Maître", et que deux femmes parmi eux ont des capacités d'écoute très développées (la plus jeune, en tous cas, est appelée "Celle qui écoute"), mais on ne sait pour le moment rien de plus. Ensuite, les choses s'enchaînent, et nous suivons désormais une femme, visiblement sur le point de jumeaux, mais menacée par un groupe nommé "les enfants d'Enoch". Mais là encore, nous n'en saurons pas plus pour le moment. Et là également, l'étrange s'installe : cette femme sent ses bébés lui parler, et la guider. Et enfin, dans le troisième chapitre, on est propulsés une vingtaine d'années plus tard. On retrouve d'abord deux jeunes gens, Georges et Kassandre. Georges est un orphelin, qui a fini en prison. Kassandre est la fille d'un couple suisse richissime et au summum du chic, persuadé de sa supériorité sur le reste du monde. Mais Kassandre ne partage absolument pas cette opinion : elle est fan de musique metal, et cherche à se rebeller à tous points de vue, tant dans son look provocateur, que dans ses réactions au standing de ses parents. Ces deux ados, en plus de leurs côté rebelle, ont quelque chose en eux d'encore plus sombre. Georges a comme une bête dans son cerveau, qu'il peut lâcher sur les gens qui l'embêtent. Quant à Kassandre, elle peut sentir battre les coeurs des personnes qui l'entourent.



Après avoir planté ce décor, plein de mystères, l'auteure ne s'empresse pas de nous en apprendre plus. Un moyen est offert à Georges de retrouver son père, de savoir d'où il vient, tandis que Kassandre semble être recherchée pour quelque chose contenu dans son sang. En fait, on comprend assez vite que l'un comme l'autre sont recherchés pour la même chose. On finit par apprendre que ces deux jeunes sont des "Génophores" : leur code génétique contient une particularité qui les rend précieux. Mais ils ne sont pas seuls, car Mina, qui se trouve être la meilleure amie de Kassandre, est également traquée pour la même raison, et elle possède elle aussi un pouvoir étrange. Finalement, Georges et Kassandre vont atterrir chez un groupe de personnes censées les sauver des fameux enfants d'Enoch. Mais là encore, tout n'est pas clair. On comprend que plusieurs groupes veulent indiquer à ces jeunes quelle semble être la conduite à tenir, mais le malaise demeure pour le lecteur. Aucune de ces solutions ne semble être "bonne".

Le suspense est donc présent tout le long des deux premiers tomes de cette saga : on ne sait jamais jusqu'où tout ça va aller, ni à quoi cela va aboutir. Et cette impression de malaise nous tient également, et tout cela fait qu'il est bien difficile d'arrêter sa lecture. Un des gros atouts de cette série, c'est l'immense culture scientifique dont fait preuve l'auteure. En effet, sur toute la partie de manipulations génétiques, elle semble s'être énormément documentée. Au début du tome 2, on retrouve également une présentation rapide des différentes ères du vivant sur notre planète, là encore, bien détaillée et renseignée. Même si on est dans une saga de science-fiction, un genre qui ne plait pas forcément à tout le monde, cet aspect inscrit très bien la série dans un réel presque plausible, et cela crée une réflexion sur le cours de l'histoire du monde. En revanche, un point m'a un peu gênée : ce sont les descriptions d'attaques, ou bien celles des pouvoirs des jeunes Génophores. Il y a des scènes très peu ragoutantes, voire réellement difficiles. J'ai un peu frissonné de dégoût à la lecture de certains passages plutôt gores. Attention donc, âmes sensibles, s'abstenir ! Mais pour les autres, foncez ! Cette série vaut le détour !

jeudi 1 juin 2017

Patricia, Geneviève Damas

Bon, ça fait très très trèèès longtemps que je n'ai pas posté. Mais c'est pas ma faute. C'est la faute à Christelle Dabos. Il y a un mois, j'ai eu la chance de recevoir les épreuves non corrigées du troisième tome de La Passe-Miroir... Alors évidemment, cette lecture était géniale, fantastique, formidable, etc ! Mais voilà, après ça... eh bien panne de lecture ! J'ai été tellement habitée par ma lecture (certainement un article à venir) que j'ai vraiment eu énormément de mal à me lancer dans d'autres lectures... Heureusement Babelio et Gallimard ont réussi à me faire sortir de là, grâce à l'opération Masse critique ! J'ai reçu il y a une dizaine de jours un tout petit roman dans ma boîte aux lettres : Patricia de Geneviève Damas.


Une découverte complète : je ne connaissais pas du tout cette auteure, et c'est une surprise plutôt agréable ! Ce petit roman polyphonique n'a que de peu de personnages, et son intrigue se déroule assez rapidement, mais elle n'en est pas moins intense. Tout commence à travers les yeux de Jean Itirimbi, un Centrearicain exilé au Canada, où il travaille un hôtel alors qu'il est sans papiers. Il semble donc destiné à rester coincé ici, loin de la France où il espérait pouvoir partir un jour, et loin de sa famille, restée au pays en attendant qu'il se fasse une situation. Seulement, ce moment n'est jamais venu, et ses filles ont donc grandi sans qu'il ne les ait revues depuis son départ. Dans l'hôtel où il travaille, il rencontre Patricia, une riche parisienne venue disperser les cendres de sa défunte mère. Esseulés, ces deux personnes que tout oppose trouvent en l'autre une oreille attentive, quelqu'un à qui se confier, sur qui s'appuyer. Patricia, amoureuse, fait tout pour trouver des papiers à Jean Itirimbi et le ramener en France, pour qu'il vive avec elle.

Tout semble aller pour le mieux, jusqu'à ce que la femme de Jean Itirimbi, ayant appris qu'il était à Paris, décide de venir le rejoindre, et part avec ses deux filles. Forcément, le voyage sera rude, mais elles sont déterminées à rejoindre enfin leur mari et père. Pourtant, il y a un hic : Jean Itirimbi a caché à son amie Patricia l'existence même de sa famille. Alors qu'ils passent un soi-disant week-end en amoureux, Jean Itirimbi décide donc de voler la voiture de cette dernière, et de partir à Marseille, là où sa femme et ses filles doivent accoster. Seulement, une fois arrivé à bon port, aucune nouvelle de l'embarcation, et personne ne répond sur le portable de sa femme... La nouvelle d'un naufrage se propage, mais il refuse d'y croire, et décide de tout faire pour retrouver ses femmes.

La voix de Patricia prend le relais, et on comprend, malgré la blessure causée par les cachotteries de Jean Itirimbi, qu'elle est touchée par cette histoire, bien plus qu'elle ne le voudrait. Avec ces différentes voix qui se succèdent, le ton est très bien dosé. Quand on risque de verser dans le mélodrame, l'auteure change judicieusement de voix, pour rectifier le tir et on reste dans un texte grave, mais qui ne l'est jamais trop. Un roman de très bon ton, donc, qui se lit très vite, et dont les leçons tirées sont justes et belles.

jeudi 13 avril 2017

Lectures en bref - Mars 2017

Bonjour à tous ! Bon, ce mois-ci je n'ai pas du tout été régulière sur le blog... Comme j'étais en plein déménagement, ça a occupé une grande partie de mon temps libre, donc je n'ai pas pu aller sur le blog, même si j'avais plein de belles idées d'articles en tête... Du coup, pour le mois de mars, je vais être obligée de faire un rapide bilan des livres lus, et de me contenter seulement de ça ! Il y a une deuxième raison à cela en fait. Même si j'ai lu pas mal de petites choses dont j'avais envie de parler, pendant ce mois de mars, il n'y a pas eu pour moi de gros coup de coeur, de livre qui a vraiment touché quelque chose en moi... Donc un format court de type bilan devrait finalement suffire... 

Sauveur et Fils - Saison 3, Marie-Aude Murail

Bon, pour commencer, j'ai lu le tome 3 de Sauveur et Fils. Depuis le temps que je l'attendais ! Du coup, je l'ai dévoré dès sa sortie. Alors, pour tout vous dire, malgré mon manque de temps, j'ai hésité à vous faire un vrai article pour ce livre. C'est vrai, après tout cette série est un de mes gros coups de coeur de l'année 2016, écrite par une de mes auteures préférées... Et pourtant, ce troisième et dernier tome trouve aussi très bien sa place ici, quoiqu'en première place de mon bilan mensuel. Pendant le roman, on se régale, comme d'habitude. On retrouve toute notre petite galerie de personnages avec émotion, car on sait que c'est pour la dernière fois. Et Marie-Aude Murail parvient très bien à laisser tous les patients de Sauveur vivre leur histoire, tout en ayant en grande partie réglé leurs problèmes. En revanche, sur le plan personnel, Sauveur rencontre des difficultés dans son histoire d'amour avec Louise, et là-dessus, la fin m'a déçue : j'ai trouvé qu'il s'en sortait un peu trop bien par rapport à ce qu'elle ressentait, et finalement je ne trouve pas que les choses se soient réellement réglées pour ces deux-là. 
Mais s'il y a un point qui est magnifiquement bien traité dans ce roman, c'est la question des attentats du 13 novembre. En effet, depuis la fin de la saison 2, on était dans une attente un peu insupportable, puisqu'on savait que Gabin devait se rendre au concert des Eagles of Death Metal le 13 novembre au Bataclan, concert qui évoque forcément en nous beaucoup d'émotions. Et là-dessus, Marie-Aude Murail a fait un coup de maître. Elle retranscrit à la perfection l'ambiance fébrile des personnages en attente de nouvelles, en attente d'informations, en attente de compréhension, ces questionnements qui se bousculent dans les têtes de chacun devant les images violentes, sans que personne ne parvienne réellement à exprimer ce qu'il ressent... Les émotions étaient maîtrisées vraiment à la perfection dans ce passage. Mais un bilan mitigé tout de même pour ce roman, alors que les deux premiers étaient pour moi des coups de coeur. 


L'Atlas des bizarreries

En mars, j'ai également découvert ce bel atlas, destiné à la jeunesse, très bien fait et très ludique. En le feuilletant, petits et grands feront de belles découvertes. Bon, inutile de l'apprendre si vous voulez réviser votre géographie, la superficie des pays, etc. Non, dans cet atlas les informations que l'on trouve sont bien plus anecdotiques. Car c'est finalement de ça qu'est fait cet atlas. Il regroupe les anecdotes les plus étranges sur des coutumes originales, des aliments dont on ne soupçonnerait même pas l'existence, des concours tous plus fous les uns que les autres. Bref, tout est dans le titre : cet atlas nous présente les bizarreries de chaque pays ! A part une ou deux choses dont j'avais déjà entendu parler, j'ai fait plein de découvertes, même si elles sont pour la plupart inutiles... 


Kidnapping au village des crottes de nez, Mrzyk et Moriceau

Ce drôle d'album est en fait la suite de Panique au village des crottes de nez, des mêmes auteurs, qui racontait l'histoire d'un paisible village de crottes de nez qui était un jour complètement chamboulé par la menace d'un doigt approchant... La famille Boulette est ici enlevée par leur ennemi de toujours : un gang de doigts. En fait, ces derniers ont besoin d'eux pour aller chercher leur coupe-ongles... Ils envoient donc les deux enfants de la famille dans un dédale de souterrains où ils rencontrent des tas de bêtes très étranges, aux noms délirants... Bref, j'adore l'humour complètement décalé de cet album ! Au premier abord, les illustrations ne m'avaient pas emballés, mais en fait, elles sont parfaites pour l'histoire et le ton de cet album. Que du bon, donc ! 


Le dimanche des mères, Graham Swift

Quand ce roman est sorti, il m'a tout de suite interpellée. Il raconte l'histoire d'une domestique qui, pendant l'entre-deux guerres, a pour amant le fils du châtelain voisin. Une histoire d'amour interdite, donc, sur cadre historique. Tout pour me plaire ! Mais dans ce roman, on ne voit se dérouler sous nos yeux qu'un seul jour de cette relation amoureuse. Une fois par an, en mars, les domestiques anglais se voyaient accorder une journée de congé pour aller visiter leurs parents. La narratrice est orpheline, elle va donc en profiter pour passer cette journée avec son amant, tout en sachant que ce sera certainement le dernier moment de liberté dont elle pourra profiter avec lui, puisqu'il doit se marier deux semaines plus tard. En fait, la narration se situe bien des années plus tard : la narratrice, âgée et ayant une vie bien remplie, revient sur ce moment qui fut un tournant décisif de sa vie. Elle explique son rapport à l'amour et au pouvoir de la classe dirigeante, et surtout, elle évoque sont amour des mots, elle qui a toujours pioché dans la bibliothèque de ses maîtres, et spécifiquement dans les romans d'aventure, qui étaient alors plutôt destinés aux jeunes hommes qu'aux femmes. Cela donne un beau roman, mais surprenant. On est loin de l'épanchement de sentiments qu'on voit dans certains livres romantiques. Ici, on se laisse porter par une écriture très travaillée et assez tendre. Il est difficile de rentrer dedans, mais le charme lointain de ce livre habite pleinement son lecteur. 


Verte, Marie Desplechin, Magali Le Huche


J'ai également découvert cette bande-dessinée, adaptée du roman du même titre, écrit il y a plusieurs années par Marie Desplechin et publié par L'école des loisirs. J'avais entendu parler de la sortie de ce titre en BD, adaptée par Magali Le Huche. Et si je n'ai pas lu les romans, j'en ai entendu dire beaucoup de bien, donc j'avais hâte de découvrir ce projet ! Et finalement, j'ai été un peu déçue. Pas par l'histoire en elle-même, ni par les illustrations. En effet, on sent une histoire très espiègle, à la fois qui cherche à faire rire, mais en même temps avec un peu d'émotion. Quant aux illustrations, il n'y a pas grand chose à en dire, si ce n'est que Magali Le Huche est une illustratrice formidable ! Les dessins sont plein de cette émotion cachée sous l'humour, le rendu est donc très agréable. Non, ce qui m'a déçue, c'est que ça allait très vite, trop vite à mon goût. On a à peine le temps de rentrer dans l'histoire, qu'elle se résout déjà, et que c'est déjà terminé, ou presque ! On en veut plus ! Je me doute que le roman n'est pas comme ça, donc j'ai bien envie de le lire, pour comparer mes impressions... A suivre ? 


FRNCK, Le début du commencement - Brice Cossu, Olivier Bocquet

Pour ma dernière découverte du mois, je vais encore vous parler d'une bande-dessinée ! Celle-ci a été une vraie récréation, elle m'a beaucoup fait rire ! Il s'agit donc de FRNCK, Le début du commencement. Et je n'ai pas fait de faute de frappe : c'est bien "FRNCK" et non pas "FRANCK"... Je vous explique dans un instant. Franck (puisque c'est quand même le vrai prénom du héros de cette BD) est orphelin, et on comprend assez vite que les familles dans lesquelles il a été placé ne lui correspondaient pas vraiment... Alors qu'un énième couple demande à l'adopter, le jeune homme décide de fuguer, et de partir à la recherche de ses parents, qu'il croit encore vivants. Le jardinier de l'orphelinat lui avoue alors que c'est lui qui l'a recueilli, et il lui explique comment aller à l'endroit où il l'a trouvé. En suivant ses instructions, Franck pénètre dans un parc d'attractions à l'abandon, qui devait figurer la préhistoire. Et c'est alors que, sans comprendre comment, il se retrouve propulsé en pleine prhstr ! Euh pardon, préhistoire. Oui, car lorsqu'il rencontre les hommes préhistoriques, il se rend compte que ces derniers parlent une langue assez proche de la nôtre, à cela près qu'il n'y a pas de voyelles. On se retrouve alors à déchiffrer des bulles où les mots sont privés de voyelles, et on essaie donc de retrouver les mots en question. Pour ma part, ce petit jeu m'a fait rire tout au long de la BD, même si pour certains passages c'était un peu difficile. C'est ce qui fait tout le charme de cette BD justement, en plus de l'humour déjà distillé dans l'histoire. Un vrai bon moment ! Dommage que ça finisse (là encore) assez vite, et qu'il faille attendre la suite, prévue pour août je crois...


mardi 28 mars 2017

En suivant la mer, Marie-Magdeleine Lessana

Encore un livre que j'avais envie de lire depuis un moment. En effet, la promesse me tentait bien ! L'auteure a fait le tour des côtes françaises, et en parle dans ce récit, évoquant à la fois les lieux traversés et les personnes rencontrées. D'autant que ce livre est publié chez un éditeur que j'aime beaucoup : Paulsen. Et pourtant, grosse déception !

Au début, tout semble concorder avec ce qu'annonce le résumé. L'auteure commence son tour des plages par le Nord, accompagnée d'une amie photographe. On ouvre donc ce singulier récit de voyage sur de belles descriptions, des considérations pratiques, des égarements de la pensée... Et cela semble donc parti pour plaire, vraiment ! 

Jusqu'à ce que viennent les considérations idéologiques... En effet, très vite, l'auteure établit une discussion entre les villes côtières populaires, pleine de vie où tout se déroule à merveille, et où les tranches de vie des personnes rencontrées paraissent merveilleuses ; et les villes balnéaires bourgeoises, qui lui paraissent ternes et mortes, où les gens croisés lui paraissent fades et sans aucun intérêt. Elle ne prend donc même pas la peine de s'arrêter dans certains endroits, où pourtant, si on s'y attarde un peu, on s'apercevrait qu'il est bien facile et léger de réduire le monde à ce simple clivage entre populaire et bourgeois. D'autant que Marie-Magdeleine Lessana affirme clairement son appartenance, ou du moins sa proximité avec la classe populaire. Mais est-ce bien vrai ? En effet, quand on a les moyens de manger au restaurant et dormir à l'hôtel tous les soirs ou presque, en plein été (donc la période où les tarifs des restaurateurs et hôteliers sont les plus élevés), n'est-on pas un peu bourgeois ? Quand on a des amis qui ont des maisons qui sur une île bretonne, qui à Biarritz, ou à l'île de Ré, n'est-on pas un tant soit peu proche d'une classe bien plus bourgeoise que populaire ? Le privilège de s'acheter des vêtements Armor Lux sur un coup de tête, est-il réellement accessible à une classe populaire, qui - l'auteure le dit elle-même - n'a pas les moyens de s'embarrasser de dépenses inutiles ? Et surtout, quand on possède soi-même une résidence secondaire sur la presqu'île de Ghiens, je crois pouvoir dire qu'on est bourgeois. Pas forcément très riche, mais tout de même plus que la classe populaire. Bref, comme vous le comprenez certainement à travers mes propos, cette distinction, égrenée telle un chapelet tout au long du récit, m'a énervée. Je ne pense pas que de séparer ainsi la société, et plus encore les touristes, soit utile. 



Et cette manie de se détourner des lieux "bourgeois" donc, ne m'a pas davantage plu. Certes, il existe parmi les touristes plusieurs classes de personnes, dont certaines ont plus moyens que d'autres, et donc s'offrent plus de petits plaisirs que d'autres. Mais est-ce parce qu'on offre une bouée à ses enfants qu'on n'est pas capable d'apprécier des plaisirs simples ? Comme celui, par exemple, de se laisser réchauffer par le soleil, tandis qu'on observe lesdits enfants s'ébattre avec joie dans l'eau toute proche... Est-ce parce qu'on possède une maison à tel ou tel endroit qu'on ne saurait pas apprécier la marche le long des côtes ? Est-ce parce qu'on gagne plus d'argent que d'autres qu'on saurait s'amuser moins qu'eux ? 

Peut-être aussi ai-je été énervée parce que Marie-Magdeleine Lessana a porté un avis plutôt négatif sur l'Île de Ré, que j'aime à appeler "mon île". Après y avoir passé moins de 48h, elle expédie sa visite en décrétant que l'île est trop pleine de bourgeois et donc pas assez pleine de vie... Hum. Permettez-moi de douter. Est-ce vraiment en ayant fait deux allers-retours en voiture sur cette île aux multiples paysages, où presque tout le monde ne se déplace qu'à pied ou en vélo, qu'on peut tirer une leçon aussi hâtive ? Quoi qu'il en soit, c'est ce que je déplore dans ce récit : qu'il tire ainsi des leçons hâtives de lieux et de personnes qui mériteraient d'être jugés avec plus d'attention et de recul. 

Et si toutes ces considérations gâchées par une idéologie à laquelle je n'adhère pas ont gâché ma lecture, le style ne l'a en rien rattrapée. C'est plat, sauf aux endroits où l'auteure tente de faire des effets de style, qui se transforment en fait bien vite en envolées lyriques quasi ridicules. 

jeudi 9 mars 2017

Lectures en bref - Février 2017

Avec cet article, j'adopte une pratique assez répandue chez les blogueurs littéraires : le bilan mensuel des lectures. J'ai hésité pendant quelques temps, mais quand je réalise le manque de temps que j'ai pour chroniquer tous les livres que je lis... je me dis que ça devient indispensable ! Car même si j'ai du mal à tenir le rythme de mes lectures, ça ne m'empêche pas d'avoir envie de vous parler de toutes ! Donc voilà, avec un peu de retard, voici un aperçu de mes lectures de février dont je n'ai pas encore eu le temps de vous parler ! 


L'autre Joseph, Kéthévane Davrichewy


Ca faisait quelques temps que j'avais envie de lire ce livre, où l'auteure nous parle de son arrière grand-père, Joseph, dont un des camarades d'enfance est devenu... Joseph Staline ! Cette plongée dans l'enfance de Staline (qu'on appelait alors Sosso) me tentait bien. Et effectivement, c'est très intéressant de se rendre compte que petit, Staline était déjà caractériel et avait un besoin de reconnaissance énorme. On atténue peut-être un peu nos sentiments envers ce dictateur en apprenant que son enfance était loin d'être facile, aux côtés d'un père alcoolique qui semblait violent. A côté de cette trame historique, l'auteure se confie sur les démarches qui l'ont conduite à l'écriture de ce livre, ce qui lui apporte un relief intéressant. Toutefois, en lisant des passages sur les sentiments très mitigés que Sosso inspirait à son camarade Joseph, je n'ai pu m'empêcher de m'interroger. Est-ce vraiment ce que ce jeune homme pensait à l'époque ? Ou bien a-t-il en quelque sorte réécrit l'histoire de son enfance en voyant ce qu'était devenu Sosso ? Je pencherais malheureusement plus pour la deuxième solution : il est facile en effet, de dire que Staline enfant avait déjà l'étoffe d'un dictateur violent, avec le recul... Bilan mitigé donc pour ce roman. 


Le club des vieux garçons, Louis-Henri de La Rochefoucauld


Quand j'ai eu ce livre entre les mains, à la librairie où je travaille, il m'a tout de suite intriguée. En lisant le résumé, et en observant le bandeau de couverture, je pensais ouvrir un roman qui se passerait au XIXème ou XXème siècle, au sein de l'aristocratie. Si j'avais raison sur ce dernier point, j'ai été très surprise que le narrateur n'est en fait autre qu'un jeune homme, François de Rupignac, né dans les années 1980 ! Le roman se déroule donc à notre époque. Durant son enfance, François s'est entendu rabâcher par son grand-père tout un tas de sermons sur l'importance de leur lignée aristocratique, d'un mode de vie noble, de valeurs morales, tout cela à préserver à tout prix de la modernité. Pas étonnant donc, que François, en grandissant, se soit senti en décalage avec les autres jeunes, tous "à la mode". Avec son ami Pierre, ils décident donc de fonder le "Club des Vieux Garçons", défendant un mode de vie clairement décalé. Ils n'arrivent pas à trouver leur place dans cette société où trouver un travail et une petite amie sont les plus grands signes de l'accomplissement personnel. En effet, eux préfèrent l'oisiveté qui était auparavant (c'est-à-dire quelques siècles plus tôt) le privilège de la noblesse, mais surtout, ils préfèrent rester célibataires. Ils créent donc un Club, accueillant des jeunes hommes qui partagent ces idées, avec qui ils boivent du champagne et font des plans sur la comète. C'est décalé, plein d'humour et chic anglais, alors ça m'a plu ! 



Voilà, c'étaient donc les deux livres lus en février dont je voulais vous parler en bref ! De retour en début de mois prochain donc, pour vous parler de nouveaux livres !

mercredi 1 mars 2017

La voix cachée, Parinoush Saniee

Après avoir lu (et adoré !) Le voile de Téhéran, dont je vous ai parlé la dernière fois... j'ai eu la chance de recevoir La voix cachée, le nouveau de roman de Parinoush Saniee, grâce à l'opération Masse Critique de Babelio !


Alors déjà, comme je vous l'avais dit ici, j'avais beaucoup aimé Le voile de Téhéran. Mais ce nouveau roman, est encore plus réussi, à mes yeux ! Cette fois, le personnage principal est un petit garçon : Shahaab, 4 ans. Et à quatre ans, il ne parle toujours pas. Cela inquiète grandement sa famille : ses cousins, son oncle et sa tante, et surtout son père, sont persuadés qu'il est débile. Sa mère est plus patiente, mais, poussée à bout par les autres qui insistent sur le retard mental de l'enfant, est tout de même très inquiète. En réalité, Shahaab sait parfaitement parler. Simplement, c'est un petit garçon très timide, et les pressions exercées par son entourage ne l'aident en rien à déjouer cette timidité. Pire encore, en jouant de sa prétendue débilité, son cousin le met très en colère, et Shahaab s'enferme encore plus dans son mutisme. Dans le même moment, il s'invente deux amis imaginaires, dont l'un est très rancunier, et parfois violent. Ainsi, vexé par une parole de sa grand-mêre, son ami imaginaire va le pousser à faire glisser une brique sur sa tête, depuis le toit. Quand on se moque de lui, donc, Shahaab devient un garçon violent. Malheureusement, la plupart du temps, sa maman pense que ces actes de violence sont gratuits, puisque le petit garçon est incapable de prendre la parole pour expliquer ses réactions.

Plus on pénètre au coeur du quotidien de cet enfant, et mieux on comprend ce mutisme. Ce qui apparaît assez vite, dans la vie de Shahaab, c'est le manque d'amour. Des marques d'affection, son père et sa mère n'en échangent jamais : lui rentre toujours fatigué et énervé du travail, et elle a en horreur les corvées domestiques dont elle doit s'acquitter. Mais surtout, on ne lui manifeste que très peu d'amour. Toute la fierté de son père va à son frère aîné, brillant à l'école, que son père pousse presque au surmenage tellement il veut compenser la soi-disant débilité du second. Toute l'attention de sa mère va principalement à sa petite soeur, qui à l'inverse de lui, est très bavarde et très démonstrative. Pire encore, on se rend compte que, à compter du jour où sa petite soeur est arrivée à la maison, et que son père a réservé les quelques marques de tendresse qu'il était capable de distiller à ce petit être, Shahaab a décidé de rentrer en guerre contre son père (qu'il ne considère d'ailleurs même pas comme son propre père !

C'est donc à force d'amour que Shahaab va s'ouvrir aux autres. D'abord celui de sa mère, puisque le premier mot qu'il prononce sera pour elle. Malheureusement, tout à sa fierté, elle est allée le raconter à tout son entourage, qui a recommencé à faire pression sur Shahaab. Mais surtout, c'est sa grand-mère maternelle qui, en s'installant pour quelques temps sous le même toit que son petit-fils, va l'aimer inconditionnellement, et le laisser avancer à son rythme.

Contrairement à son roman précédent, Parinoush Saniee ne parle pas tant de la société iranienne et des pressions qui peuvent s'y exercer envers ses membres les plus fragiles. En effet, l'histoire de ce petit garçon en manque d'amour s'adresse à tout le monde. C'est une vraie leçon de vie et d'humanité qui nous est donnée ici. Un message à tous les parents, très simple : aimez vos enfants, ne les poussez pas au-delà de leurs capacités ! Et même sans être maman, ce roman tout en tendresse m'a beaucoup touchée. Le fait d'entendre la voix de Shahaab nous raconter l'histoire, la plupart du temps, donne à ce roman toute sa beauté et sa finesse.